Le domaine de la santé mentale et du bien-être corporel connaît une évolution constante, et la sexologie s’impose progressivement comme une discipline à part entière. En Belgique, nous observons une demande croissante pour ces spécialistes qui accompagnent les personnes confrontées à des difficultés intimes. La Société des Sexologues Universitaires de Belgique répertorie actuellement plus de 280 praticiens agréés sur son site, un chiffre qui témoigne du développement de cette profession malgré un cadre réglementaire encore incomplet. Nous vous proposons d’analyser les différentes facettes de ce métier où l’écoute bienveillante et les compétences scientifiques se conjuguent pour soulager des souffrances souvent gardées secrètes.
Les domaines d’intervention du professionnel de la sexualité
Nous constatons que les troubles sexuels touchent une grande diversité de situations vécues. Le spécialiste intervient sur des problématiques variées incluant les dysfonctionnements érectiles, les difficultés liées au désir, les troubles de l’éjaculation, ou encore l’absence d’orgasme. Les consultations portent également sur des aspects moins connus comme les compulsions sexuelles, la dépendance à la pornographie ou encore certaines formes d’anxiété liées à l’intimité. Dans certains cas, l’haptophobie peut compliquer considérablement les relations intimes et nécessite une prise en charge spécifique.
Son travail s’étend bien au-delà du simple traitement des symptômes. Nous remarquons qu’il assume un rôle éducatif majeur en informant sur les infections sexuellement transmissibles, les moyens contraceptifs et les questions d’orientation sexuelle. Cette dimension préventive constitue un pilier fondamental de sa pratique, notamment auprès des jeunes adultes. Le praticien aborde aussi les questionnements liés au genre et aux comportements qui s’écartent de la norme, toujours dans une perspective respectueuse et scientifique.
Les couples représentent une part importante de la patientèle. Nous savons que l’usure relationnelle impacte fréquemment la vie intime, et le thérapeute aide alors à restaurer la communication entre les partenaires. Il propose des exercices pratiques à réaliser au domicile, des techniques de relaxation et de respiration, ainsi que des conseils personnalisés sur les pratiques sexuelles. Son approche intègre les dimensions biologiques, psychologiques et sociologiques pour offrir une vision globale de la sexualité humaine. D’ailleurs, comprendre les mécanismes d’attachement s’avère souvent nécessaire pour résoudre certains blocages intimes.
Le parcours académique pour accéder à cette spécialisation
L’UCLouvain souligne depuis plusieurs années la nécessité d’une formation rigoureuse pour exercer cette profession. Nous recommandons fortement de suivre un master en Sciences de la famille et de la sexualité, cursus de deux années qui offre deux finalités distinctes : l’approche interdisciplinaire de la famille et du couple, ou la spécialisation en sexologie. Cette formation universitaire constitue le socle idéal pour maîtriser les savoirs pluridisciplinaires indispensables : psychologie, médecine, pharmacologie et sociologie se croisent dans cette discipline complexe.
Les établissements universitaires belges proposent également des certificats spécialisés pour les professionnels souhaitant se perfectionner. L’UCLouvain, l’ULB et l’ULiège organisent un Certificat d’Université en Sexologie clinique qui s’étale sur deux ans. Nous notons d’un autre côté que cette formation n’a pas été dispensée à Liège durant l’année académique 2022-2023, ce qui valide les variations d’organisation selon les campus.
| Type de formation | Durée | Institutions |
|---|---|---|
| Master en Sciences de la famille et de la sexualité | 2 ans | Universités belges |
| Certificat d’Université en Sexologie clinique | 2 ans | UCLouvain, ULB, ULiège |
| Perfectionnement en Sexologie clinique appliquée | 4 week-ends | UCLouvain |
Pour ceux qui souhaitent approfondir encore davantage leurs compétences, l’UCLouvain propose un programme de perfectionnement accessible après l’obtention du certificat initial. Cette formation complémentaire se déroule sur quatre week-ends intensifs de deux jours. Nous insistons sur l’importance de ces parcours académiques car, comme le rappelle le SIEP, l’accès à la profession n’est pas encore réglementé en Belgique. Il serait néanmoins prudent d’obtenir un diplôme reconnu dans les professions de soins de santé avant de se spécialiser.

Les qualités humaines et compétences techniques requises
Nous identifions plusieurs aptitudes essentielles pour exercer efficacement. La capacité d’écoute arrive en tête des qualités recherchées, car le praticien devient le confident de personnes souvent vulnérables. L’empathie, l’ouverture d’esprit et la discrétion constituent le triptyque fondamental de cette profession où la relation thérapeutique repose sur la confiance absolue. Après des épreuves comme la reconstruction après une séparation, certains patients arrivent fragilisés et nécessitent un accompagnement particulièrement délicat.
Sur le plan technique, nous soulignons l’importance de connaître les aspects physiologiques de la sexualité autant que ses dimensions psychologiques et sociologiques. Le praticien doit constamment actualiser ses connaissances théoriques et pratiques, car les recherches évoluent rapidement dans ce domaine. Il mène également des actions de sensibilisation et de prévention, tout en respectant scrupuleusement le code de déontologie qui encadre sa pratique.
Les missions quotidiennes incluent plusieurs étapes fondamentales :
- Réaliser une anamnèse complète pour retracer l’histoire médicale et relationnelle du patient
- Vérifier qu’une consultation médicale a exclu toute cause organique aux troubles
- Proposer des approches thérapeutiques adaptées comme la thérapie comportementale et cognitive
- Collaborer avec d’autres professionnels de santé dans une logique de réseau
- Accompagner les couples dans l’amélioration de leur communication intime
Ces différentes facettes du métier nécessitent aussi de la diplomatie et de la pédagogie pour aborder des sujets délicats. Certains patients présentent des problématiques complexes, comme les troubles de l’image corporelle qui affectent directement leur vie intime. D’autres souffrent simplement parce qu’ils éprouvent un mal-être profond vis-à-vis de leur apparence, ce qui impacte leur confiance dans les relations intimes.
La rémunération et les défis professionnels actuels
Nous constatons que les revenus varient considérablement selon le nombre de consultations et la tarification pratiquée. Pour une séance individuelle d’une durée oscillant entre 45 et 60 minutes, les honoraires s’établissent généralement entre 40 et 60 euros. Les thérapies de couple sont facturées entre 50 et 80 euros par rencontre. Ces montants permettent d’estimer un revenu mensuel, mais celui-ci reste tributaire de la patientèle constituée et de l’expérience du praticien.
Le principal obstacle demeure l’absence de reconnaissance légale du titre. Comme le rapportait Le Soir Magazine, cela fait plus de vingt ans que les associations professionnelles sollicitent les ministres fédéraux de la Santé publique successifs pour obtenir un statut officiel. Cette situation problématique permet actuellement à des personnes non formées de s’autoproclamer sexologues et de proposer leurs services, ce qui peut mettre en danger des patients en souffrance. La SSUB et son homologue néerlandophone la VVS continuent leurs démarches pour sécuriser cette profession et protéger le public.
Nous estimons que cette reconnaissance est primordiale pour garantir la qualité des soins et l’éthique professionnelle. Les sexologues cliniciens universitaires possèdent des compétences qui allient la médecine et la psychologie, une double expertise précieuse pour traiter efficacement les dysfonctions sexuelles. En attendant une évolution législative, nous conseillons aux personnes cherchant un accompagnement de vérifier que le praticien figure bien sur la liste des professionnels agréés publiée par la SSUB, qui garantit un niveau de formation adéquat et une pratique supervisée selon des standards scientifiques rigoureux.
